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mardi 20 septembre 2011

Cache-visage et cache-oreilles sont dans un bateau

Lequel laisseriez-vous tomber à l'eau ?

Le son comme arme

Jeunes, attention ! La manifestation rend sourd !

lundi 14 mars 2011

Entendu ce matin à la radio :

"Les Japonais commencent à se demander si c'était une bonne idée de construire des centrales nucléaires en zone sismique"

Maintenant ?! 

mercredi 12 janvier 2011

Le retour de la pilosité contestataire



Et nous les nanas, on fait comment pour participer ? 
"Pour une Belgique plus belle, ne vous rasez plus les aisselles ?"

mardi 25 mai 2010

Mens sana

Cette histoire de réorganiser l'organisation d'une journée scolaire fait froid dans le dos...
Que du sport ? 
Tout l'après-midi ?
Tous les après-midi ? 

Remarque, j'ai toujours réussi à me faire plus ou moins réformer, je ne dois pas être la seule...

jeudi 21 janvier 2010

Les statistiques, c'est fantastique

Ceux qui ont fait un peu de socio (ou qui ont un peu de bon sens) le savaient déjà : on peut faire dire ce qu'on veut à un sondage ou à des statistiques.

Concernant les fameux taux de délinquance, dernier exemple en date sur lequel je sois tombée : les chiffres 2009 pour l'Ariège. Le préfet de l'Ariège et le procureur de la République sont particulièrement fiers de leur travail, devant les journalistes d'Ariègenews Tv :
La délinquance générale a baissé de 0,57%. Youpi, certes, mais c'est un tout petit chiffre... Alors on fait intervenir la notion de "tolérance à la violence" :

«Dans un petit département comme le notre, on constate que de nombreuses infractions sont déclarées, alors qu’elles ne le seraient peut-être pas en milieu urbain, des menaces proférées par un voisin par exemple»

L'Ariège s'est donc soudainement aperçu en 2009 que c'était un département rural et les voisins ont donc commencé à s'envoyer des fions par-dessus la clôture. Un chiffre est bas alors qu'on l'attendait plus élevé ? Pas de problème, c'est triturable. Merci les statistiques.
Mais j'ai encore mieux ! "Les atteintes volontaires à l'intégrité physique" sont elles en augmentation en Ariège, et ce de 27,57%. Aïe. Un chiffre élevé qu'on attendait en baisse. Mais là également, c'est un bon point pour la police, puisque ce chiffre élevé signifie que plus d'infractions sont déclarées, et non commises. Et si ça augmente, tant mieux, souligne le procureur de la République :

«ça n’arrange pas les statistiques, mais en un certain sens, c’est une bonne chose.
Car tant que ce chiffre restera élevé, on s’approchera plus du montant réel de victimes de ces violences, qui les dissimulent moins
»

Franchement, à ce stade, c'est du n'importe quoi. Il faut arrêter de s'appuyer sur les statistiques pour faire le bilan d'une action ou d'un projet. Engagez plutôt des étudiants en socio, fauchés et précaires, et ils vous feront un beau rapport critique.

C'est vrai qu'ensuite il sera plus compliqué de jouer avec les chiffres...


lundi 18 janvier 2010

Fiction 1 - Politique 0


Un article sur Têtes de séries : Lost 1- Obama 0 m'a informé que le discours sur l'Etat de l'Union du Président des Etats-Unis avait été programmé pour être diffusé en même temps que le premier épisode de la sixième (et dernière) saison de Lost.

Première hallu : il a été donc question de repousser la diffusion dudit épisode.

Seconde hallu : finalement, c'est le discours du Président qui serait repoussé...



Il a beau être charismatique, Monsieur le Président (comme dirait Jack Bauer), il n'a pas le débardeur ni le cutest accent de Naveen Andrews (l'Indien qui joue l'Irakien).
Et oui, c'était aussi l'amant de Juliette Binoche dans Le Patient anglais. Sigh.

mercredi 28 octobre 2009

La terre fait partie de cette identité nationale française

Replaçons un peu le contexte.


l'Appel du 25 Juin 1940

FRANÇAIS !

Je m'adresse aujourd'hui à vous, Français de la Métropole et Français d'outre-mer, pour vous expliquer les motifs des deux armistices conclus, le premier avec l'Allemagne il trois jours, le second avec l'Italie.

Ce qu'il faut d'abord souligner, c'est l'illusion profonde que la France et ses alliés se sont faite sur la véritable force militaire et sur l'efficacité de l'arme économique : liberté des mers, blocus, ressources dont ils pouvaient disposer. Pas plus aujourd'hui qu'hier on ne gagne une guerre uniquement avec de l'or et des matières premières. La victoire dépend des effectifs, du matériel et des conditions de leur emploi. Les événements ont prouvé que l'Allemagne possédait, en mai 1940, dans ce, domaine, une écrasante supériorité à laquelle nous ne pouvions plus opposer, quand la bataille s'est engagée, que des mots d'encouragement et d'espoir.

La bataille des Flandres s'est terminée par la capitulation de l'armée belge en, rase campagne et l'encerclement des divisions 'anglaises et françaises. .'Ces dernières se sont battues bravement. Elles formaient l'élite de notre armée ; malgré leur valeur, elles n'ont pu sauver une partie de leurs effectifs qu'en abandonnant leur matériel.

Une deuxième bataille s'est livrée sur l'Aisne et sur la Somme Pour tenir cette lignée soixante divisions françaises, sans fortifications, presque sans chars, ont lutté contre 150 divisions d'infanterie et Il divisions cuirassées allemandes. L'ennemi, en quelques jours, a rompu notre dispositif, divisé nos troupes en quatre tronçons et envahi la majeure partie du sol français.

La guerre était déjà gagnée virtuellement par l'Allemagne lorsque l'Italie est entrée en campagne, créant contre la France un nouveau front en face duquel notre armée des Alpes a résisté.

L'exode des réfugiés a pris, dès lors, des proportions inouïes. Dix millions (le Français, rejoignant un million et demi de Belges, se sont précipités vers l'arrière de notre front, dans des conditions de désordre et de misères indescriptibles.

A partir du 15 juin, l'ennemi, franchissant la Loire, se répandait a son tour sur le reste de la France.

Devant une telle épreuve, la résistance armée devait cesser. Le Gouvernement était acculé à l'une de ces deux décisions : soit demeurer sur place, soit prendre la mer. Il en a délibéré et s'est résolu à rester en France, pour maintenir l'unité de notre peuple et le représenter en face de l'adversaire. Il a estimé qu'en de telles circonstances, soit devoir était d'obtenir un armistice acceptable, en faisant appel chez l'adversaire au sens de l'honneur et de la raison.

L'armistice est conclu, le combat a pris fin. En ce jour de deuil national, ma pensée va à tous les morts, à tous ceux que la guerre a meurtris dans leurs chairs et dans leurs affections. Leur sacrifice a maintenu haut et pur le drapeau de la France. Qu'ils demeurent dans nos mémoires et dans nos coeurs 1

Les conditions auxquelles nous avons dû souscrire sont sévères.

Une grande partie de notre territoire va être temporairement occupée. Dans tout le nord et dans l'ouest de notre pays, depuis le lac de Genève jusqu'à Tours, puis le long de la côte, de Tours -aux Pyrénées, l'Allemagne tiendra garnison. Nos armées devront être démobilisées. Notre, matériel remis à l'adversaire, nos fortifications rasées, notre flotte désarmée dans nos ports. En Méditerranée, des bases navales seront démilitarisées. Du moins l'honneur est-il sauf. Nul ne fera usage de nos avions et de notre flotte. Nous gardons les unités terrestres et navales nécessaires au maintien de l'ordre dans la métropole et dans nos colonies. Le gouvernement reste libre,' la. France ne sera administrée que par des Français.,

Vous étiez prêts à continuer la lutte, je le savais. La guerre était perdue dans la métropole ; fallait-il la prolonger dans nos colonies ?

Je ne serais pas digne (le rester à votre tête si j'avais accepté de répandre le sang français pour prolonger le rêve de quelques Français mal instruits des conditions de la lutte. Je n'ai pas voulu placer hors du sol de France ni ma Personne, ni mon espoir. Je n'ai pas été moins soucieux de nos colonies que (le la métropole. L'armistice sauvegarde les liens qui l'unissent à elle. La Franc a le droit de compter sur leur loyauté.

C'est vers l'avenir que, désormais, nous devons tourner nos efforts. Un ordre nouveau commence. Vous serez bientôt rendus à vos foyers. Certains auront à le reconstruire.

Vous avez souffert.

Vous souffrirez encore. Beaucoup d'entre vous ne retrouveront pas leur métier ou leur maison. Votre vie sera dure. Ce n'est pas moi qui vous bernerai par des paroles trompeuses. Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la patrie elle-même. Un champ qui tombe en friche, c'est Une portion de France qui meurt. Une jachère de nouveau emblavée, c'est une portion de France qui renaît. N'espérez pas trop de l'Etat qui ne peut donner que ce qu'il reçoit. Comptez pour le présent sur vous-mêmes et, pour l'avenir, -sur les enfants que vous aurez élevés dans le sentiment du devoir.

Nous avons à restaurer la France. Montrez-la au monde qui l'observe, à l'adversaire qui l'occupe, dans tout son calme, tout son labeur et toute sa dignité. Notre défaite est venue de nos relâchements. L'esprit de jouissance détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié. C'est à un redressement intellectuel et moral que, d'abord, je vous convie. Français, vous l'accomplirez et vous verrez, je le jure, une France neuve surgir de votre ferveur.



J'espère que vous aurez noté le joli "Du moins l'honneur est-il sauf". L'histoire a ses perdants, parfois...
Alors non, le Maréchal Pétain n'a pas le monopole de l'appel à la terre. Ce n'est pas parce qu'un jour il a prononcé ces mots que l'idée doit être à tout jamais frappée d'opprobre.
D'ailleurs à ce compte-là, les anars sont pétainistes également, voir l'avant-dernière strophe : ne comptez pas trop sur l'Etat, etc.
C'est juste que parfois, il faut savoir manier l'histoire nationale avec un peu de doigté. Et du doigté, j'en vois pas beaucoup en ce moment. Pour être tout à fait franche, je trouve que ça pue.
Déjà cette histoire de questionnaire à remplir pour avoir la nationalité française... ça me fait penser à ça :




Si vous voulez approfondir, j'ai trouvé le texte du discours sur "marechal-petain.com" (! c'est tellement incongu ! J'adore internet...)

PS : Kaamelott saison 6 passe en ce moment sur la sixième chaîne. Et puis sur le site internet M6 replay pour ceusses qu'ont pas la télé. Et curieusement, ya des échos...
La romanisation de la Bretagne, et Leodagan qui s'inquiète un peu au moment de signer :

"La romanisation, c'est quoi exactement ? Enfin, je sais pas moi... Après c'est peut-être juste le mot qui fait que ça pue."

C'est exactement cette question que j'aurais envie de poser à Hortefeux et consorts.
(remplacer romanisation par identité nationale, of course.)

lundi 14 septembre 2009

Parti pirate

En France aussi...
J'ai pas encore réfléchi à leur démarche, mais je trouve que leur visuel déchire :



Sur Fluctuat, un article.

J'ai adoré la fin :

"Reste aussi à régler les problèmes de doublon avec le Pirate Parti français créé par Rémi Cérésiani, qui souhaite également affronter les urnes. Sans compter le Parti Pirate canal historique (sic), né d'une scission avec le Parti Pirate de France (resic)."

Qu'on se rassure, le jeune candidat aux législatives partielles dans les Yvelines a conclut :
"Nous sommes prêts à accepter les gens de tous horizons"

dimanche 28 juin 2009

De bonnes poilades en perspective...

L'internet fait peur... C'est l'anarchie, là-dedans.
Un brave sénateur, Yves Détraigne, a donc décidé de se retrousser les manches ! Et de mettre un peu d'ordre dans ce qu'il appelle "l'hétéronymat". Car le problème est qu'en dépit des adresses IP et l'obligation pour les sites de les communiquer en cas de demande de la justice, les gens ne sont pas assez fliqués sur internet. Pensez-donc, tous ces pseudos, type choupinette091, on ne sait même ce qu'ils cachent... ou qui ils cachent...
La solution ? Enregistrer son pseudo auprès d'une Haute Autorité de Régulation... Je ne commente même pas, je vous laisse avec l'article d'Ecrans.

La passion de Philippe Val pour internet est bien connue également. Par un juste retour de bâton (ou peut-être bien à cause de... !), il se fait copieusement insulter sur le web. Par des pseudos anonymes...
Bref, la carrière ascendante fulgurante de mon tendre ami Val a pris un nouveau virage en pente. Il a été nommé à la tête de France Inter, en manoeuvrant parmi ses relations dans le monde de la presse. Il laisse Charlie Hebdo à Charb (ouf ! j'en connais qui peuvent se remettre à respirer) et débarque à la Maison Ronde, enfin à la mesure de l'ambition de sa mâchoire carrée.
Daniel Mermet frétille, évidemment... Dans Là-bas Hebdo n°36 (17 juin 2009) est publié ce message émouvant de bienvenue :


Bienvenue Philippe !



Chers Auditeurs Modestes et Géniaux,


« Comment cela est-il possible !? Dites nous qu'’il s’agit d'’un
cauchemar ! Si c’est une blague, elle n’'est pas drôle… » Depuis des
semaines, vous avez été nombreux à nous poser des questions sur
l’'arrivée de Philippe Val à la direction de France Inter. Soyez sans
inquiétude, Philippe est un vieil ami de Là-bas si j’y suis et c'’est
dans la joie que toute l’'équipe accueille celui que l'’historien
Alexandre Adler compare à Emile Zola. Et pourquoi pas à Voltaire,
Spinoza, Albert Londres ou Albert Einstein ? Car Philippe c'’est
tout ça à la fois ; une conscience, un visionnaire, et un
penseur engagé face aux grands défis de notre temps.

Et ceci à la différence de ses anciens camarades qui persistent à
végéter dans un gauchisme moisi, souvent entaché d'’antisémitisme
et d'’islamo fascisme.

En dénonçant avec courage des figures nauséabondes comme celle du
dessinateur Siné ou du journaliste Denis Robert, du dessinateur
Lefred-Thouron ou du négationniste américain Noam Chomsky, Val a
montré qu'’il avait pleinement réussi à évoluer avec pragmatisme du
côté du manche sans rien perdre de cette impertinence libertaire qui
est la marque de fabrique de cet homme de gauche.

Mais Philippe est aussi un chef d'’entreprise avisé. C’est d'’une main
ferme qu’il a conduit son journal Charlie Hebdo, là où il se
trouve aujourd’'hui.

Et certains pensent bien qu’'il pourrait faire la même chose avec
France inter.

Aujourd'’hui, familier des plateaux de télévision, penseur reconnu
de l'’élite médiatique, il tutoie nos plus brillantes personnalités,
de BHL à Carla Bruni. Il a d'’ailleurs élégamment révélé que c’est
par l'’intermédiaire de cette dernière qu'’il a pu suggérer au
président de la république, Nicolas Sarkozy de faire appel à son
vieux copain Jean-luc Hees pour présider Radio France. Et c’'est donc
ainsi, par un loyal retour d’'ascenseur, que notre habile Philippe,
se trouve aujourd'’hui à la tête de la prestigieuse radio française.

L’'ensemble des collaborateurs de France inter cherche les mots pour
remercier le Président Sarkozy de leur avoir choisi un tel chef.
C’est plein d'’entrain et de confiance qu’'ils s’apprêtent à lui faire
la fête, les regards pétillent, les sourires sont partout.

Son petit bouquet de fleurs à la main, l'’équipe de Là-bas ne sait
plus comment dissimuler sa joie.

lundi 8 juin 2009

Elections européennes : résulats


A Paris, la liste "Communistes", menée par Mme Rolande Perlican, a fait 0%. Elle a eu 3 voix.

3 voix. Alors que la liste comporte 26 noms.

??

mardi 26 mai 2009

7 juin


Certains voteront pour les Européennes, d'autres pas...
Libération propose trois tests pour savoir comment on se positionne sur les débats de fond de la campagne. C'est particulièrement intéressant pour savoir justement quels sont les enjeux d'une élection européenne. Enfin, cette élection européenne.
Comme tous les tests, on peste et on soupire derrière son ordinateur : coincés dans des petites cases et soumis à des questions impitoyables, on est forcés à rejeter aux oubliettes de l'utopie notre Europe idéale, celle qu'on a tous dans un coin du coeur ou de la tête... Pas question d'être créatifs !
De même, les questions sont particulièrement restrictives : "Les subventions aux agriculteurs doivent-elles disparaître d'ici cinq ans ?"... Bah, d'accord pour les gros riches pollueurs de la Beauce, mais j'ai un pote en Ariège qui élève des vaches avec son père, il aurait bien besoin d'un petit coup de pouce pour continuer à entretenir le territoire de cette vallée reculée en voie d'abandon et continuer à alimenter nos blanquettes d'un veau excellent et même pas bio... (le même veau qui gambadait dans le champ en face du jardin il y a une semaine, d'ailleurs... bon appétit...).
Ou d'autres questions comme ça, vous aurez compris le principe, et allez voir vous mêmes :
Toute l'Europe (qui me classe dans "plutôt de gauche antilibérale", mais qui me précise que "cette tendance n'est pas représentée au Parlement en tant que telle". Ah bon, tant pis.)
EU Profiler (comme dans une série américaine ! qui me classe entre le Mouvement Républicain et Citoyen, le bon vieux PC même pas mort, et... Chasse Pêche Nature et Tradition !)
Et enfin Votematch (pour qui je suis presque une fidèle des Verts/Alliance libre européenne, mais il faut dire qu'une proportion disproportionnée, si je puis m'exprimer ainsi, portait sur des questions écologiques)

Si avec ça on est pas cap' de faire son choix...
Moi je sais par où mon coeur balance sans retour, et je vote pour les isolations en chanvre...

lundi 2 mars 2009

Les gauchistes droit-de-l'hommistes ont encore frappé...

... au XIII° siècle au Mali !

J'ai croisé, sur le Bord de sa fenêtre, cette Charte du Manden, qui aurait été proclamée lors du couronnement d'un empereur malien vers 1222 :

1. Les chasseurs déclarent :
Toute vie (humaine) est une vie.
Il est vrai qu'une vie apparaît à l'existence avant une autre vie,
Mais une vie n'est pas plus "ancienne", plus respectable qu'une autre vie,
De même qu'une vie n'est pas supérieure à une autre vie.

2. Les chasseurs déclarent :
Toute vie étant une vie,
Tout tort causé à une vie exige réparation.
Par conséquent,
Que nul ne s'en prenne gratuitement à son voisin,
Que nul ne cause du tort à son prochain,
Que nul ne martyrise son semblable.

3. Les chasseurs déclarent :
Que chacun veille sur son prochain,
Que chacun vénère ses géniteurs,
Que chacun éduque comme il se doit ses enfants,
Que chacun "entretienne", pourvoie aux besoins des membres de sa famille.

4. Les chasseurs déclarent :
Que chacun veille sur le pays de ses pères.
Par pays ou patrie, faso,
Il faut entendre aussi et surtout les hommes ;
Car "tout pays, toute terre qui verrait les hommes disparaître de sa surface
Deviendrait aussitôt nostalgique."

5. Les chasseurs déclarent :
La faim n'est pas une bonne chose,
L'esclavage n'est pas non plus une bonne chose ;
Il n'y a pas pire calamité que ces choses-là,
Dans ce bas monde.
Tant que nous détiendrons le carquois et l'arc,
La faim ne tuera plus personne au Manden,
Si d'aventure la famine venait à sévir ;
La guerre ne détruira plus jamais de village
Pour y prélever des esclaves ;
C'est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable
Pour allez le vendre ;
Personne ne sera non plus battu,
A fortiori mis à mort,
Parce qu'il est fils d'esclave.

6. Les chasseurs déclarent :
L'essence de l'esclavage est éteinte ce jour,
"D'un mur à l'autre", d'une frontière à l'autre du Manden ;
La razzia est bannie à compter de ce jour au Manden ;
Les tourments nés de ces horreurs sont finis à partir de ce jour au Manden.
Quelle épreuve que le tourment !
Surtout lorsque l'opprimé ne dispose d'aucun recours.
L'esclave ne jouit d'aucune considération,
Nulle part dans le monde.

7. Les gens d'autrefois nous disent :
"L'homme en tant qu'individu
Fait d'os et de chair,
De moelle et de nerfs,
De peau recouverte de poils et de cheveux,
Se nourrit d'aliments et de boissons ;
Mais son "âme", son esprit vit de trois choses :
Voir qui il a envie de voir,
Dire ce qu'il a envie de dire
Et faire ce qu'il a envie de faire ;
Si une seule de ces choses venait à manquer à l'âme humaine,
Elle en souffrirait
Et s'étiolerait sûrement."
En conséquence, les chasseurs déclarent :
Chacun dispose désormais de sa personne,
Chacun est libre de ses actes,
Chacun dispose désormais des fruits de son travail.
Tel est le serment du Manden
A l'adresse des oreilles du monde tout entier.

L'origine et le texte de cette charte sont controversés, et posent la question du statut des sources orales en histoire. Il n'existe pas de texte de ce texte : il a été transmis par voie orale donc sujet à réécriture au cours des âges et des époques.
Cela dit, c'est beau.

vendredi 13 février 2009

De l'éthique, ou de la solidarité

J'ai trouvé dans Michel Crozier, L'acteur et le système, ce paraît-il célèbre "dilemme du prisonnier". 


La situation est la suivante : deux malfrats ont commis un délit ensemble. La police les arrête, mais n'a pas de preuves contre eux. Elle a besoin de leurs aveux. 
Nos deux larrons sont enfermés dans des cellules séparées et ne peuvent pas communiquer entre eux. Les données du problème sont les suivantes : 

Si les deux prisonniers se taisent, la police n'aura pas de charges contre eux, et ils seront condamnés pour des délits mineurs, disons six mois de prison. 
Si l'un des deux parle et accuse l'autre, la police aura les preuves qui lui manquaient et pourra coller dix ans de prison à celui qui n'a pas parlé et libérer celui qui a balancé l'autre, car la police aime les balances. 
Si tous les deux s'accusent mutuellement, ils prennent cinq ans tous les deux. 

Mettons-nous dans la peau de l'un des filous. Il se dit : 
Dans le cas où mon complice me dénonce, si je me tais je prends dix ans... En revanche, si je le dénonce aussi, je ne prends que cinq ans.
Dans le cas où il ne me dénonce pas, si je me tais moi aussi je prends six mois de prison. En revanche, si je le dénonce, je suis libre !

Les deux prisonniers se font le même raisonnement bien sûr... Et il appert que si chacun des prisonniers suit la logique de ses intérêts personnels, ils se retrouvent à faire cinq ans de prison. Alors que s'ils s'étaient tus, ils n'auraient fait que six mois...

Apparemment, ce dilemme est pas mal utilisé en théorie économique (genre pour bâtir les stratégies de deux entreprises concurrentes), ce qui m'étonne pas. S'il y a bien un milieu cynique entre tous, c'est celui-là. 
Car en fait, le dilemme du prisonnier ne marche pas dans la réalité, enfin j'espère... Car on a affaire à des hommes, capables de collaboration, de projection (au cas où le coup foire), et surtout de confiance en l'autre...
Sans oublier la culture et l'histoire propres à un milieu social particulier. Dans cet exemple, on peut très facilement postuler que la coopération avec la police n'est pas forcément très usitée dans le milieu des hors-la-loi !
L'homme n'est pas une créature très facile à cerner ! Je dis ça car j'ai entamé le Prélude à Fondation hier soir, et Hari Seldon, le héros d'Asimov, entame sa construction de la "psychohistoire". C'est une science qui consiste à réduire les actes des hommes à une équation, qu'il suffirait ensuite de développer pour savoir vers où le monde se dirige et ce que les hommes feront de leur avenir. J'aime la SF !

jeudi 29 janvier 2009

Aide au développement du coup de pied au cul des droits de l'homme


Mais pourquoi la Libye ? Quel charme ténébreux et irrésistible dégage le Colonel Kadafi auquel je ne suis pas sensible ? Est-ce l'uniforme qui inspire confiance à mon pays qui s'en est remis pendant tant d'années à un Général ?

Je me demande ça suite à un article dans Siné Hebdo sur l'aide publique au développement de la France, qui s'interroge sur des sommes plutôt conséquentes refilées à la Libye. Par l'intermédiaire de l'AFD, l'Agence Française de développement, l'organisme qui gère l'aide publique au développement de la France, la Libye a reçu selon l'article 30 millions d'euros, initialement pour rénover l'hôpital où travaillaient les fameuses infirmières bulgares (remember ?).
Ce qui enrage le journaliste Joël Auster, et le député Henri Emmanuelli qui a "sorti" l'affaire, c'est que la Libye ne fait pas partie du programme usuel de l'AFD : trop riche, et pas dans l'aire de responsabilité de la France (la Libye est une ancienne colonie italienne). Etait-ce une aide d'urgence, ces 30 millions d'euros ? Alors que l'aide au développement des pays développés vers les pays en voie de développement se réduit chaque année et s'éloigne du 0,7 % du revenu national brut précaunisé par l'ONU pour atteindre les Objectifs millénaires pour le développement.

En même temps, pourquoi s'étonner ?

Les 8 objectifs millénaires de l'ONU sont :
- réduire l'extrême pauvreté et la faim
- assurer l'éducation primaire pour tous
- promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
- réduire la mortalité infantile
- améliorer la santé maternelle
- combattre le VIH/Sida, le paludisme et autres maladies
- préserver l'environnement
- mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Assurer le développement des droits de l'homme ne fait pas partie de ces mesures urgentes...
L'AFD est placée sous cotutelle du Ministère de l'Intérieur, des Affaires étrangères et des Finances. Pas d'instance de contrôle non-gouvernementale.
Depuis sa création par De Gaulle en 1941 (à l'origine l'AFD était une caisse pour l'Outre-Mer, chargée de financer des projets et d'émettre de la monnaie), l'aide au développement est politique. Quand ça arrange, on peut conditionner l'aide donnée à certains objectifs politiques, pour preuve la récente orientation de la distribution de l'aide au développement, conditionnée au contrôle des flux émigratoires par les pays aidés...
Alors bon, un cadeau à Kadafi, pourquoi pas... Après tout, n'est-il pas le créateur du "Prix Kadafi des droits de l'homme" ?

jeudi 18 décembre 2008

à vendre

La sirène de l'usine de Renault-Billancourt...
Allez, un pronostic : qui va se l'offrir ?
Un ouvrier nostalgique ?... Arf...

lundi 15 décembre 2008

Pour d'la saucisse à l'aligot, j'te défonce ton frigo






Pour écrire aux détenu-e-s vous pouvez envoyer des lettres à l'adresse :

Gabrielle, Manon, Binjamin, Yldun ou Julien
comité de soutien aux inculpés de Tarnac
19170 le bourg
Tarnac
FRANCE

mercredi 10 décembre 2008

La rupture


Modernisons aussi les Droits de l'homme, héritage de Mai 68...

dimanche 7 décembre 2008

Pédophilie



C'est bien la première fois que ces bons vieux Scorpions choquent quelqu'un, non ?






(je reprends pied à Paris, merci pour vos mails...)

mercredi 5 novembre 2008

I want to break free...



Ma petite chatte déprime ce matin. Enfin, dans la mesure où les chats peuvent déprimer...

Elle s'est assise dans le bac de douche encore plein de flotte et elle regarde tomber les gouttes de mes soutiens-gorges que je viens de passer à l'eau. Il fait froid et sombre dans cette salle de bains. J'ai l'impression qu'elle met en place un happening intitulé "Tristesse".

Pourtant, ce matin tous les blogs sont couleur black power. Et RFI s'en pisse dessus...
Hier mon reuf de passage râlait contre Libé. Il me disait qu'il s'en foutait que la femme d'Obama soit métis ou pur teint, ce qui comptait c'était ce qu'il allait faire. Je le sommais d'abandonner sa franchouillardise : "think americain" !
Mais ce matin, du fond de sa mélancolie, la petite chatte noire me rappelle que Georges Lapassade est mort. J'écoute le parcours de celui qu'on nous présente à force matraquage comme le nouveau Président du monde : pas de danger, c'est le même... La seule chose qui va changer dans l'histoire, c'est que l'on va perdre la force subversive de l'instituant "être noir" dans la vie politique. Déjà que Margaret Tatcher avait maîtrisé les femmes, Georges, je ne sais plus trop ce qui nous reste pour peser sur l'institutionnalisation de l'avenir...

Il existe deux versions de la fameuse chanson "We shall overcome". A l'origine, le gospel disait : "we will overcome". Arf...

vendredi 24 octobre 2008

Cayenne, etc.






L'autre jour, j'ai rouvert Surveiller et punir de Michel Foucault. Je cherchais des idées de supplices pour un ami qui m'embête, et je me souvenais de l'incipit percutant de ce livre. Disciples de Françoise Giroud, ces quelques lignes insoutenables accrochent le lecteur et le piègent en l'entrée de jeu.
Il s'agit de la description de l'exécution publique de Damiens, qui a essayé en 1757 d'assassiner Louis XV. Le crime est grave, et les tortures seront exemplaires. On lui cisaille diverses parties du corps, on le brûle, on sulfate les plaies, on le roue de coups, et on finit par l'écarteler. Pour bien faire comprendre où se situe le pouvoir, ses membres furent brûlés et les cendres dispersées. La maison natale du "parricide" (incrimination officielle) fut rasée, avec interdiction de reconstruire. La famille de Damiens fut chassée du pays.
Si après ça le peuple n'avait pas compris qui était le chef du royaume, c'est à désespérer...



Et c'est effectivement ce que raconte Foucault dans son livre : il est apparu que les désavantages liés à ce type d'exécution publique en surpassent finalement les avantages. La peine se cache.
Foucault le dit mieux que moi, lui qui en plus d'être un intellectuel particulièrement brillant était presque un poète dans ses écritures :
"Le châtiment est passé d'un art des sensations insupportables à une économie des droits suspendus"

Economie, le mot est lâché.
La semaine dernière, au détour d'un livre, j'apprends qu'il existait différents statuts pour les déportés au bagne du XIX° siècle. Je me suis laissé un peu déporter moi aussi, pour punition de ma curiosité, en Guyanne.
(Et bien m'en a prit ! L'En-Dehors soutient que c'est le paradis des anarchistes... Du moins, maintenant que le bagne est fermé...)
Effectivement, entre les déportés, les transportés et les relégués, les statuts étaient multiples. Tout dépendait du "crime" commis, d'où découlait la nature et la dureté de la peine. Enfin, "crime", c'est vite dit. Nous retrouvons là nos amis les anarchistes qui au lieu de se contenter de vivre et de militer tranquillement dans leur coin pour l'amour et la fraternité entre les hommes se sont mis, au XIX°, à poser des bombes partout et à faire sauter des inconnus... Camarades ! La fin ne justifie pas les moyens, laissez ça à ces connards de maoïstes, pour nous tout moyen doit être une fin en soi, hein ? Bref, la Troisième République affolée se mit à pondre une série de lois dites "scélérates", qui interdisaient, entre autres, l'anarchisme. Si je ne m'abuse, elle est toujours en vigueur d'ailleurs, cette loi (comme celle qui interdit aux femmes de porter le pantalon je crois !). Bref, selon une de ces lois, chaque récidiviste, même pour les voleurs de pomme, était envoyé à Cayenne. Une manière comme une autre de nettoyer la métropole...
Et de même que les galériens ramaient, les bagnards non seulement travaillent mais en plus peuplent les colonies. La Troisième République, grand gouvernement colonisateur, enrageait de voir la Guyane péricliter. Vers 1880, il fut donc décidé d'envoyer tous les condamnés là-bas, même les femmes (dans l'objectif qu'elles épousent les bagnards et fassent plein de petits colonisateurs). Les femmes avaient tout de même le choix entre Cayenne ou la Nouvelle Calédonie. De même, en vertu de la loi dite du "doublage", une fois effectuée la peine, les condamnés devaient encore rester un certain nombre d'années, équivalent ou supérieur à la durée de la peine, sur place. Est-ce pendant ces années de "doublage" que Louise Michel mit en place son école pour les petits Kanaks ?
Bref, belle illustration de l'expression : d'une pierre deux coups. On nettoie la métropole et on valorise la politique économique et coloniale du gouvernement.
(pour plus de détails)

Aujourd'hui, on sent bien que le pouvoir (au sens foucaldien) est un peu moins habile dans sa politique d'emprisonnement. Tous les condamnés, politiques, fous ou délinquants, sont enfermés dans des marmites surpeuplées. Nourris et logés à l'oeil, par nos impôts, quel scandale !
Aujourd'hui, un détenu s'est pendu dans sa tôle à Arras. Encore un.