vendredi 11 février 2011

Vouloir se coucher tôt le soir de son anniversaire

En fait, c'est pas possible. 

Je suis fatiguée, vivement ce soir que je dorme...

jeudi 27 janvier 2011

...?

Bon, un peu de légereté ce matin...
J'ai participé, pour la 4e fois, à l'opération Masse Critique de Babelio. Je viens donc d'achever la lecture de Vingt minutes pour la mort.  Robert Brasillach : le procès expédié, publié en 2010 aux Editions du Rocher.
Et maintenant je suis sensée en rédiger une critique. Si je n'étais pas liée par cet engagement moral "un livre, une critique", je crois bien que j'aurais botté en touche.
Philippe Bilger, avocat, se penche sur le procès de Robert Brasillach fusillé pour "intelligence avec l'ennemi" en 1945. L'auteur a une histoire familiale chargée qui le lie directement à son sujet (son père a été condamné pour faits de collaboration) et dont il ne se cache absolument pas (ce qui est à mettre à son crédit). Le livre s'ouvre même sur cette confidence que les sociologues appellent "l'implication du chercheur". 
Ensuite, le livre nous livre quelques éléments sur le parcours de Brasillach, biographie, idées, n'hésitant pas à énoncer clairement l'antisémitisme du personnage, voire de citer quelques unes de ses phrases les plus nauséabondes. C'est sur l'"intelligence avec l'ennemi" que Bilger est plus circonspect. On ne peut le lui reprocher, l'implication qu'il a choisi de nous exposer en ouverture pose d'entrée cet ouvrage dans le registre personnel. 
Les chapitres consacrés au procès sont plus détaillés et plus intéressants : le point de vue d'un homme "de l'art", forcément...
Le livre se conclut sur l'exécution, la fusillade et les derniers mots de Brasillach ainsi que ceux, horribles, d'un petit fonctionnaire bien content d'avoir respecté son timing. 
Alors, que manque-t-il dans tout cela ? 
Une mise en perspective historique. 
Je l'attendais depuis le début, je me disais qu'il fallait forcément qu'elle arrive : comment écrire un livre sur l'exécution de Brasillach sans livrer deux mots sur le contexte ?
Mais elle ne vient pas, et c'est ce qui m'a le plus gênée dans cette lecture et m'a fait hésiter à écrire une chronique sur ce livre dans mon tout petit blog. Je n'ai pas compris par exemple l'insistance de l'auteur sur un "détail" (toutes proportions gardées, on parle tout de même de la vie d'un homme) tel que le fait que le père de Brasillach était "mort pour la Patrie" au cours de la Grande Guerre et que ce fait n'a pas été utilisé au procès. Ou bien lorsqu'il décrit la justice sous Vichy, se défendant d'avoir "l'impudence" de reprocher aux jurés de l'époque de ne pas s'être révoltés contre leur gouvernement, alors qu'au paragraphe suivant, il reproche justement clairement aux tribunaux du Gouvernement populaire d'avoir été aux ordres et d'avoir finalement alignés beaucoup plus de condamnés à mort que sous Pétain. 
C'est compliqué, cette affaire-là. Extrêmement intéressant, mais compliqué. Je lirai volontiers, à l'occasion, d'autres livres, d'autres points de vue sur le procès de Brasillach. La prose de Philippe Bilger est parfaite, c'est un beau français et de belles phrases : digne d'un avocat. Je ne me risquerais pas plus loin dans mon analyse de cet ouvrage, on ne joute pas avec des pros du verbe. 
Le lecteur sera seul juge...

mercredi 12 janvier 2011

Le retour de la pilosité contestataire



Et nous les nanas, on fait comment pour participer ? 
"Pour une Belgique plus belle, ne vous rasez plus les aisselles ?"

dimanche 12 décembre 2010

O temps pour moi

Jamais le temps n'a filé aussi vite... 

Au boulot je ne traite que les urgences, par conséquent le travail "de tous les jours" s'accumule et devient bien vite urgent à son tour. Ma collègue est au bord de la dépression nerveuse, ce qui la rend gronchon au possible et à la limite de l'autisme... On doit l'appeler trois fois par son prénom avant qu'elle ne sorte la tête de ce qu'elle est en train de faire... (mais elle est sympa quand même)
Ma thèse avance bien, merci. Je mets un coup de collier le soir quand je rentre, pour lui tordre enfin le cou. Rien qui ne va révolutionner la recherche française, mais pour ce que j'en ai à foutre en ce moment, de la recherche française...

Je vais très certainement acheter un appart, bientôt. J'ai en vue un petit 20 m² à retaper du sol au plafond... Travaux, déménagement, rangement, et travaux à nouveau j'imagine... Ca coûte combien de monter une salle de bain ? En partant des murs, jusqu'aux arrivées/évacuations d'eau, tuyaux, électricité, carrelage mural... Oui parce que les toilettes sur le palier et se laver au robinet de la cuisine, ça va un temps...


Des livres s'entassent sur mon bureau, de chouettes lectures sur lesquelles j'aurais voulu faire une petite chronique mais je manque de temps : 

Robert Merle, Malevil : Décidement ce bon vieux Robert a une obsession pour les communautés humaines en circuit fermé, rongées de l'intérieur et attaquées de l'extérieur... Nous suivons un petit groupe de survivants à un genre d'apocalypse nucléaire, à travers le journal tenu par Emmanuel le propriétaire du château de Malevil. Ils étaient tous en train de picoler le vin du domaine dans la cave, en sous-terrain et protégés par des murs épais lorsque la bombe a explosé... La petite touche de génie de ce livre, ce sont les interventions de Thomas, un jeune étudiant de passage à Malevil, qui commente les écrits d'Emmanuel. Thomas doit intervenir trois-quatre fois, pas plus, mais ces petites touches font ressortir le personnage d'Emmanuel qui prend dès lors un relief qui n'aurait pas été aussi marqué sans ces interventions... A conseiller pour ceux qui se sont inscrits au challenge Fins du monde, par exemple. 


Il y eut aussi Des Fleurs pour Algernon (Daniel Keyes) ces jours-ci. Un bouquin présenté comme un des "grands ancêtres" de la SF. Un "classique", une "source d'inspiration"... Une lecture pas forcément désagréable, mais pas passionnante non plus. Des scientifiques ont trouvé le moyen de rendre les êtres vivants "intelligents". Après une expérience réussie sur une souris - Algernon - , ils la tentent sur un homme, un débile léger du nom de Charlie Gordon. Le livre est le journal que ces scientifiques lui ont demandé d'écrire. Le journal de Charlie ne passionne pas autant que celui d'Emmanuel de Malevil, il manque peut-être justement d'une touche de mise en perspective. Est-ce le style ? Est-ce la traduction ? en tout cas, ce n'est pas écrit assez finement pour nous faire suivre les évolutions de Charlie. Alors que le titre pouvait être délicieusement ambigu (on offre des fleurs à plein d'occasion...), la quatrième de couverture contient un énorme spoiler qui m'a gâché en bonne partie la lecture.
Reste un livre parfois intéressant, pas forcément pour la SF (finalement très peu présente), mais plutôt pour le handicap mental et sa vision, par la société, la famille, les amis, les scientifiques...


Et pour finir un chouette coup de coeur, The Hunger Games, de Suzanne Collins. Dans un monde uchronique, chacun des 12 districts doit envoyer un jeune homme et une jeune femme tirés au sort pour participer aux "jeux de la faim" (jeu de mot intraduisible, games voulant également dire gibier - j'ai lu le bouquin en VO). On met les ados dans une gigantesque arène pour qu'ils tentent de survivre et qu'ils s'entretuent et le dernier à rester vivant a gagné. Nous suivons en focalisation interne une jeune fille, Katniss Everdeen, qui va donner du fil à retordre à ses concurrents et aux organisateurs des jeux... Un livre réellement "haletant", dont j'ai eu du mal à décrocher, une bonne parabole de l'adolescence (dans cette arène Katniss se heurte à des concepts qu'elle ne connaissait pas avant : l'amour, l'amitié, la trahison, s'interroge sur ses propres sentiments et devient, paradoxalement, un véritable être social), et une jolie critique, cruelle et drôle à la fois, des sociétés hypermédiatisées, tout y est pour un excellent roman jeunesse. 
Le seul bémol est... que le livre ne se finit pas ! 20 pages de plus et l'auteure aurait pu nous boucler une fin, mais elle a préféré ouvrir sur une suite... Grr. Ca m'a tellement énervée que je ne me suis pas renseignée sur ladite suite.


Et enfin, la sympathique Edwoodette m'a "tagguée", pour connaître les livres et les films que je regarde/lis toujours à Noël. Le tag aurait été vite expédié (réponse : aucun), mais comme c'est toujours chouette de découvrir quelqu'un qui a les mêmes goûts que soi, je me suis auto-challengée. Je suis donc chargée de voir et de chroniquer tous les "films de Noël" d'Edwoodette que je n'ai pas déjà vus, et tout ça jusqu'au 24 décembre. Au programme ces prochains jours : 
- Les Noces funèbres
- Gremlins (que j'ai vu il y a tellement longtemps que ça compte pas)
- Batman le Défi (idem)
- Les Quatre filles du Docteur March
- Bridget Jones. 


Et puis il faut que j'aille au cinéma, ya plein de films qui me font de l'oeil : 
- Machete a l'air excellent
- Scott Pilgrim est selon certains avis décevant, mais à voir quand même (merde, c'est Edgar Wright quand même)
- et puis Harry Potter bien sûr, mais pour cela il faut que je finisse de relire la série (j'en suis au milieu du tome 5)

Et ces derniers jours, je crois bien avoir un semblant de vie sociale. Déjà j'ai un colloc. Et puis des gens ont l'air d'avoir envie de me voir, ce qui est toujours une surprise et un sujet d'étonnement...


Bref... On se revoit en janvier ?

lundi 1 novembre 2010

Dracula l'immortel

J'ai reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat Livre de Poche et Livraddict. Merci ! 
Merci pour cette lecture qui m'a fait passer de vrais bons moments...
Ce livre est présenté comme la suite "officielle" de l'histoire écrite par l'irlandais Bram Stocker à la fin du XIX° siècle. On se souvient de ce roman épistolaire, qui relatait la folle lutte d'une poignée de jeunes gens contre un monstre dont l'intelligence le disputait à la séduction...
Eh bien, nous explique l'appareil critique de Dracula L'Immortel, la famille Stocker, frustrée dans son héritage (aucunes royalties et aucun droit de regard sur les adaptations, dérivés etc. de cette histoire géniale) a approuvé l'initiative d'un arrière-petit-neveu de l'écrivain, Dacre Stocker, de donner une véritable suite au livre originel. Il s'est pour cela allié à Ian Holt, scénariste et fan absolu du Maître des Ténèbres. 
Non, non, aucun des deux n'est un écrivain... Et c'est bien sûr le défaut principal du livre que je tiens entre mes mains : on peut dire concrètement qu'il n'a aucun style et certaines descriptions sont quelque peu lourdes... Il manque d'imgination et de justesse dans le choix des mots et des tournures de phrases. 
Mais vous savez quoi ?
On s'en fiche. 
L'histoire est drôlement bien faite. Les deux auteurs parviennent à la fois à nous faire revivre une histoire passée, à nous ballader dans le Londres et le Paris du début du XX°, et à nous emmener quelque part.
Leur livre est bourré de clins d'oeils à l'histoire originale (ah ! Quincey Harker - le fils de Jonathan et Mina - qui soupire en recevant une lettre de son père : "Nom d'un chien ! Treize pages !  La famille Harker se singularisait toujours par son volumineux courrier...") mais peut parfaitement être lu par un profane...
Dans l'appareil critique du livre, les auteurs expliquent comment ils se sont appuyés sur les notes originales de Bram Stocker pour construire leur récit : titre, nouveaux personnages, tout est estampillé "Stocker original". Mais en même temps, ils proposent une véritable relecture du roman de l'arrière-grand-oncle que j'ai trouvée assez audacieuse. Elle modernise le mythe et offre une toute autre perspective... Après tout, Dracula est un personnage ambigu : cruel et plein d'amour... un meurtrier et une victime... Pourquoi pas ? Mais s'il n'y avait pas eu la pirouette finale (totalement inattendue, pour ma part) j'aurais trouvé cette fin un poil décevante. 
En conclusion, ce roman est un bon thriller qui vous promène de Paris à Londres dans un univers réaliste très bien décrit, les personnages sont suffisamment caractérisés pour le déroulement de l'intrigue mais pas trop car le but n'est pas l'analyse psychologique non plus, les meurtres sont sanglants, il y a du sexe et de l'angoisse et du cinématographe...
Mention spéciale à l'équipe de flics, nouveaux personnages mis en scène pour ce roman, qui traquent désespérément, entre deux whisky, l'horrible Jack l'Eventreur...
Et si on est fan de la correspondance enflammée du roman original, c'est juste du plaisir en plus ! 
(Mais assurez-vous que vous avez bien votre exemplaire sous la main... J'ai une envie de relecture en ce moment... Mais où est passé ce f*** Dracula de Stocker !!???)