mardi 31 juillet 2007

soirée écossaise (bannière)

Une bonne idée de Fried, merci vieille soupe...



Alors, pour les lecteurs novices, de gauche à droite :

- Fried, l'anisette à la main

- Ernesto, qui ne s'habille plus comme ça depuis qu'il est délégué CGT

- Jay, de sortie du boulot et qui n'a pas trouvé le temps de se changer dans sa voiture

- Louise (le "Décolleté qui Rend Fou", hein ? merci bien, pour qui passe-je maintenant ?)

- Xuc, Grand Corps Malade style, accompagné de Fantôme n°4 et Fantôme n°2

lundi 30 juillet 2007

soirée écossaise (quatrième partie)

Vous me l'aviez réclamée, la voilà, la suite de notre histoire. Mais juste un petit bout, histoire de nous remettre tous dans l'ambiance...
Alors, Antoine, Xuc, Ernesto, Louise, Fried et Jay étaient de sortie ce soir-là pour une soirée écossaise organisée par Louise. Mais une insurrection parisienne généralisée a contrarié leurs plans, et les voilà partis pour la place de la Bastille, se frayant un chemin parmi les manifestants.
Mais arrivés sur la place, ne voilà-t-il pas qu'un événement étrange se produit, et l'instant d'après les retrouve seuls, hors du temps et de l'espace, sur une antique place parisienne, en face d'un bâtiment qui ressemble à s'y méprendre à notre bonne vieille Bastille. Nos héros commencent à avoir légèrement les boules...


Fried marchait déjà d’un pas décidé, la tête haute et droit devant lui (autant que ses deux grammes six le lui permettaient), en direction de la ruine menaçante. Les autres lui emboîtent le pas comme ils peuvent, mais avançant de manière un peu plus circonspecte. Ils ne sauraient dire ce qui les impressionne le plus : avoir vécu ce moment où le temps a semblé s’être arrêté ; le grand bâtiment apparu soudainement devant eux ; la couleur vert blafard de ce ciel en mouvement, tellement étrange qu’il semble artificiel ; ou ce silence oppressant qui alourdit l’air autour d’eux ?…

Xuc sent que quelqu’un le tire par la manche. C’est son fantôme n°2. Il parle d’une voix précipitée :
- N’y vas pas ! n’y vas pas ! ça pue, ça pue je te dis !
Mais Xuc sourit. Depuis le temps qu’ils se fréquentent, il a appris à connaître n°2 : c’est un sacré froussard. D’une grande sensibilité, mais pas plus de couilles que l’auteur de ce texte…
- mais t’en fais pas, tout ira bien… De toutes manières, je ne crois pas que tu risques grand’chose…
Ce qui fait se retourner Antoine :
- c’est à moi que tu parles, Xuc ?
- mais non, je te parle pas… rappelle Xuc d’un ton d'évidence lassée. N° 4 ajoute en ricanant :
- et puis qui lui parle, à celui-là ? peut-être d’ailleurs que vous trouverez moyen de bientôt vous en débarrasser ?
- ta gueule ! je serais pas fâché de me débarrasser de toi aussi !
Antoine se retourne derechef. Seraient-ce des larmes, poignant dans ses grands yeux étonnés ?
- mais JE NE TE PARLE PAS à toi, merde !

Le pauvre garçon se met à trottiner pour mettre le plus possible de distance entre lui et ce fou qui parle tout seul.

- Xuc, c’est moi, c’est n°3. Ecoute, j’ai des infos, je peux pas révéler mes sources, mais n°2 a raison, pour une fois : ça pue. Y a un truc pas clair là-dessous. Je sais pas encore quoi, mais j’y travaille.
- Une pause. Le cœur de Xuc se serre malgré lui, tandis que le petit groupe, Fried en tête, se rapproche dangereusement du bâtiment menaçant.
- En attendant que je trouve ce qui cloche… Fais gaffe à toi.

Si même n°3 a la frousse, c’est qu’il se passe quelque chose d’important. C’est peut-être le moment d’en parler aux autres ? Ils vont jamais le croire, ils vont se moquer de lui… Il faudrait en parler à Louise en premier. Une femme, c’est certainement plus compréhensif… Xuc réfléchit. Non, en fait, pas Louise. Les vannes qu’elle lui avait balancées lorsqu’il lui a expliqué comment construire la Machine à contredire le hasard, il s’en souvenait encore, elles faisaient comme de petits liens, serrés forts et qui font mal, autour de sa créativité. Xuc est un homme sensible.

Il en était là de ses réflexions lorsque Fried, qui marchait toujours en tête, s’arrête. Le groupe était arrivé au bord des douves, et le pont-levis était baissé.
- ça c’est bizarre, constate d’une voix étrangement nouée Ernesto, qui a l’habitude de forcer les portes des squats.

Au moment de rentrer dans l’enceinte du château, cette pause est la bienvenue. Ils auraient volontiers fait le point, mais ils n’ont rien à se dire. Ils se regardent, vaguement inquiets, sauf Jay parce que c’est un homme, et Fried parce qu’il est investi d’une mission historique. Ce dernier semblant d’ailleurs sur le point de prendre la parole pour une harangue mobilisatrice, Louise se décide à franchir le pont-levis. En silence, tout le monde la suit.

Les douves, sous le pont qui frémit et qui craque sous leurs pas, ne sont, hélas, pas vides. Une sorte de liquide, mais en plus épais, y fait montre de son débit tellement rapide qu’il confine à l’irréel. L’eau ( ?) des douves reflète le ciel, donc cette couleur verte qui semble tout imprégner ici. De temps en temps, des bulles éclosent à la surface, tranquillement, nullement inquiétées par le cours de plus en plus rapide du liquide nauséeux…

En évitant de regarder ce qu’ils traversent, nos héros pénètrent dans la cour principale du bâtiment. Une petite cour, ni très large ni très longue. Ils en atteignent très vite le centre et de là peuvent jeter un regard circulaire aux murs sinistres qui se dressent, menaçants, autour d’eux. Peut-être est-ce dû aux épaisses murailles de pierre, mais l’air semble s’être rafraîchi brusquement, sans perdre pour autant ce poids curieux qui les oppresse particulièrement, au point que même Antoine ose à peine laisser échapper un cri lorsque dans un sinistre bruit de chaînes rouillées le pont-levis se referme sur eux.
Ils sont pris au piège de la Bastille…

d'humeur maussade ?

http://www.dailymotion.com/video/xyl06_monty-python-bright-side-of-life_fun

Some things in life are bad
They can really make you mad
Other things just make you swear and curse.
When you're chewing on life's gristle
Don't grumble, give a whistle
And this'll help things turn out for the best...
And...always look on the bright side of life...
Always look on the light side of life...
If life seems jolly rotten
There's something you've forgotten
And that's to laugh and smile and dance and sing.
When you're feeling in the dumps
Don't be silly chumps
Just purse your lips and whistle - that's the thing.
And...always look on the bright side of life...
Always look on the light side of life...
For life is quite absurd
And death's the final word
You must always face the curtain with a bow.
Forget about your sin - give the audience a grin
Enjoy it - it's your last chance anyhow.
So always look on the bright side of death
Just before you draw your terminal breath
Life's a piece of shit
When you look at it
Life's a laugh and death's a joke, it's true.
You'll see it's all a show
Keep 'em laughing as you go
Just remember that the last laugh is on you.
And always look on the bright side of life...
Always look on the right side of life...
(Come on guys, cheer up!)
Always look on the bright side of life...
Always look on the bright side of life...
(Worse things happen at sea, you know.)
Always look on the bright side of life...
(I mean - what have you got to lose?)
(You know, you come from nothing - you're going back to nothing. What have you lost? Nothing!)
Always look on the right side of life...

dimanche 29 juillet 2007

les nanars

L'autre jour, Sygne demandait innocemment (Sygne sait très bien faire l'innocente) si "la Toubib du régiment" était un film porno...

Mais pas du tout ! c'est juste un nanar (cf. "un mauvais film sympathique", selon la définition officielle).

Profitons-en pour faire un peu de pub au site Nanarland en vous invitant à aller lire leur commentaire critique du film sus-nommé.


Donc, après visionnage d'un très mauvais film, de préférence entre copains un samedi soir en buvant de la bière vous voyez ce que je veux dire, il est toujours temps de lancer le débat : nanar ou pas nanar ?

Pour moi, un nanar est un mauvais film qui s'assume comme tel. C'est à dire que du début à la fin, le réalisateur croit à son projet, au-delà du manque de moyens (les nanars à gros budget s'appellent des bouses), au-delà du jeu très très mauvais des acteurs, et ça, vu l'ampleur du désastre, ça force le respect et la sympathie.

Les acteurs doivent donc passer à côté de ce qui n'est en définitive même pas un rôle, soit en y croyant à fond (ce qui est très drôle car ils sont très mauvais), soit en laissant complètement tomber et en jouant par-dessus la jambe (ce qui est très drôle aussi, et peut-être la marque d'acteurs un peu plus intelligents qui n'essayent même pas de perdre leur peu de crédibilité en voulant sauver un film insauvable), les doubleurs doivent parler comme vous et moi lors une conversation ordinaire dans un café, les images sont sales et le son à chier. Je passe les effets spéciaux et les cascades... Par contre, il faut absolument écouter les dialogues !

Evidemment, cette définition est toute personnelle et sujette à débats, parce qu'elle exclut par exemple les films avec Stephen Siegal (trop gros budget) et c'est peut-être dommage...
Alors, je sais pas à quoi vous avez occupé votre samedi soir bande de veinards mais nous on a regardé "Funnyman".
Eh bah, pour moi, ce n'est pas un nanar : trop "expérimental". Un nanar ne peut être un film d'art et d'essai...


J'ai été vérifier, par acquis de conscience, et oui ! ils le vendent sur Mazone, à 14 euros, tout de même !
Voici le synopsis alléchant sensé délier les cordons de notre bourse :

Avec Christopher Lee

"Le Seigneur des anneaux", "Dracula"

Un bijou d'humour noir anglais à prix écorché

Max Taylor pense être l'homme le plus chanceux du monde. En effet, il vient de gagner une partie de poker contre Callum Chance (Christopher Lee) et remporte son prestigieux manoir. Il ne sait pas encore que les lieux ont un occupant de choix : le Funny Man. Vicieux, sadique et psychopathe, le joker maléfique attend avec impatience de tester de nouvelles tortures sur la famille de Max.

Un film dingue complètement sous acide
Avec la participation de l'acteur culte Christopher Lee, incarnation mythique de Dracula et figure emblématique du Seigneur des anneaux. Un humour noir redoutable, mélange de Freddy et des Monty Python. Des scènes de meurtre délirantes (l'extraction du cerveau, l'électrocution par les oreilles) aussi drôles qu'effrayantes grâce à la qualité des effets spéciaux.




Oh my gore ! a adoré en tout cas...
J'ai appris que le titre français était "Le Bouffon de l'horreur" à ce propos...
A dire vrai, j'avais même pas réalisé que c'était un film d'horreur.

vendredi 27 juillet 2007

les pluriels des noms

Allez, je sais que c'est douloureux, mais de temps en temps, une petite leçon d'orthographe, moi je dis pas non...

Le beau Fried nous a envoyé une carte postale de vacances, typique des ciels de Bretagne, dit-il :




Tandis que Prévert, généreusement, nous a laissé une belle prière à marmonner à l'église quand on s'y ennuie (pour ceux qui y vont, les autres la scanderont avantageusement dans la rue...)

Pater Noster (Paroles)
Notre Père qui êtes aux cieux
Restez-y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New York
Et puis ses mystères de Paris
Qui valent bien celui de la Trinité
Avec son petit canal de l'Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Morlaix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son océan Pacifique
Et ses deux bassins aux Tuileries
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont là
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Éparpillées
Émerveillées elles-mêmes d'être de telles merveilles
Et qui n'osent se l'avouer
Comme une jolie fille nue qui n'ose se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Avec leurs tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde
Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons.


Notez : certains noms ont donc deux pluriels.
Certains, comme les pluriels de "ciel" sont de sens différents. Comme mes aïeuls, qui sont mes grands-parents, alors que mes aïeux sont mes ancêtres, plus généralement.
D'autres sont de même sens, mais l'usage autorise l'emploi de l'un ou de l'autre : idéals et idéaux, ails et aulx (ce dernier doit être particulièrement coton à caser. Celui qui me fait un commentaire en y glissant "aulx" de manière particulièrement convaincante gagnera une image...).


Notez aussi à ce sujet qu'il faut surveiller son langage en fonction de la situation : à un congrès de la SPA, vous avouerez à votre jolie voisine que vous adorez les lapins (les petits animaux qui bondissent joyeusement dans les champs) ; tandis que pour plaire à votre hôte qui vous sert du lapin à la moutarde, vous vous exclamerez que oh ! justement ! vous adorez le lapin !



Parfois aussi, le genre et le nombre s'emmêlent un peu les pédales.
Ainsi, tout le monde sait que les mots "amour" "délice" et "orgue" sont féminins au pluriel.
En écrivant ceci, je sens peser le regard sévère mais juste des gardiens du temple (ici, Jean-François Revel, si je ne me trompe), c'est vrai que c'est un peu plus compliqué que cela, mais si vous voulez approfondir, allez poser la question directement à l'Académie française, moi j'ai une note à finir...


D'autant que le pluriel de "gens" peut donner du fil à retordre.
C'est un nom masculin, tout le monde est d'accord, même Gérard Lenorman sait que l'on dit "les gens heureux".
Mais sait-il que le mot "gens" devient féminin lorsqu'il est précédé immédiatement d'un adjectif dont le féminin diffère du masculin ? Ainsi, Jacques Brel emploie le mot "gens" au féminin lorsqu'il s'interroge "Qu'avons-nous fait, bonnes gens ?" (idem pour "oh, les heureuses gens !", "les vieilles gens" etc.)

Tandis que Georges Brassens emploie avec aplomb "gens" au masculin quand il parle des "braves gens qui n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux" (parce que l'adjectif "brave" ne change pas de forme au masculin ou au féminin, vous suivez ?).


Bon, ça c'est fait...
Que reste-t-il ?

Ah oui, les noms composés ! ça c'est marrant à accorder...
Alors : dans les noms composés, on met au pluriel les noms et les adjectifs, comme ça : des grands-parents.

Les mots qui ne sont ni noms ni adjectifs restent au singulier : plusieurs demi-heures, par exemple. Ou : "Fried ! arrête de m'endormir tous mes tire-bouchons".

Evidemment, il faut voir au cas par cas si le sens le permet. Par exemple, on parle des chefs-d'oeuvre, car même si oeuvre est un nom, c'est de l'oeuvre (au singulier) de l'artiste dont on parle, et non pas de toutes ses oeuvres.

Et il y a aussi les noms composés qui s'écrivent en un seul mot. En ce cas, seul le dernier élément prend la marque du pluriel : "je vous ai apporté des bonbons" disait Jacques Brel, encore lui. Il y a des exceptions, ainsi la prochaine fois que vous aurez à le faire, pensez bien à écrire: "Mesdames et Messieurs, je vous prie de ne pas prendre ces bonshommes pour des gentilshommes", par exemple.

Et pour finir, je me doute bien que vous trépignez d'impatience à l'idée que je vais vous rappeler comment on met les noms propres au pluriel... Alors voilà, je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps :

En général ils restent au singulier.

Même lorsqu'on met "les" devant, pour dire par exemple que "les Xuc, les Jay, les Fried, tous ces personnages magnifiques, constituent l'essence même de ce blog".

Par contre, il faut mettre la marque du pluriel lorsque le nom propre désigne en fait une oeuvre de ladite personne. Exemple : "j'ai lu tous les Zolas", ce qui n'est pas vrai mais en revanche "j'ai écouté tous les Renauds"...

Bon, pour être complète, j'aurais dû parler aussi des noms d'origine étrangère, mais là j'ai la flemme, et puis il vous faut le temps d'assimiler tout ça aussi...
Et je vous préviens : si je trouve une faute de pluriel de noms dans vos prochains commentaires... ! (Zac Galou, tu sors...)