jeudi 30 août 2007
mardi 28 août 2007
le billet de la fille qui a vu la star
Coolos je me suis dit...
une rétrospective Wenders au Max Linder cette semaine : c'est pour moi ! 
Mais bon, le moment où je me décide à franchir les 200 mètres à vol d'oiseau qui me séparent du cinéma, le film projeté c'était "Rocco et ses frères" de Visconti. Bon, j'arriverai à m'en contenter, je me suis dit.
J'arrive devant la salle, un gros camion était garé devant, avec une sorte d'échelle qui montait à l'étage, des gens qui rentraient, sortaient, la nana de la caisse qui prenait un café avec des gens en fumant une clope sur le trottoir... Une agitation inhabituelle pour moi qui suis habituée à fréquenter les cinémas pour les films et à des horaires où il n'y a d'habitude pas un chat.
Je m'avance, polie et détendue, vers la nana au caféclope :
"Bonjour, il ne devait pas y avoir une séance à 11h ?"
"Ah bah là, moi je sais pas, il faut demander à Pierre, il est où Pierre ? Pierre ?"
Je tente, discrète, de me renseigner (après tout c'est mon cinéma de quartier) auprès de cette nana qui tournait sur elle-même en cherchant "Pierre" :
"ah oui, c'est parce qu'il y a des travaux..."
"Pierre ? Non, non... ce ne sont pas des travaux, c'est un tournage... Il est où Pierre ?"
Je m'éloigne de quelques pas (car je ne m'attendais pas trop à ce que "Pierre" sorte de son gobelet de café) pour trouver à me renseigner ailleurs.
Un peu à l'intérieur du cinéma, j'avise le type que je connais un peu de vue maintenant et qui est engagé dans une conversation animée avec une vieille dame un peu dure de la feuille (et de la comprenette aussi, apparemment) :
"Non, c'est un tournage... Un tournage, un film... Oui, oui, "Rocco et ses frères", à 11h... On aura peut-être un peu de retard, le temps qu'ils débarrassent la salle. Non, c'est un tournage, je vous dis..."
D'emblée (car moi je carbure, une thésarde, je vous rappelle) je me dis : "lui, c'est Pierre"
et puis aussi :
"bon, tant mieux ya une séance à 11h"
et puis aussi :
"ils ont un peu de retard car il y a un tournage, j'ai qu'à attendre". Une tête.
La vieille dame semble avoir compris. Elle lâche "Pierre" et s'éloigne sur le trottoir. "Pierre" me repère et s'avance vers moi pour lui répéter ce que je l'avais entendu dire à la vieille dame et ce que j'avais déjà compris par moi-même. "Pierre" est très excité, ça peut se comprendre, ce doit être un événement dans la vie d'un gérant/employé d'un cinéma. On bavarde un peu, je me demande à voix haute si ça vaut le coup que je reste, étant donné que le film fait déjà près de 3h, alors si en plus ya du retard...
C'est alors qu'il se penche vers moi d'un air de conspirateur et baisse le ton pour me faire LA révélation et me balancer l'argument massue :
"si vous restez et que vous regardez bien, vous allez voir sortir une STAR"
Moi j'étais restée dans l'idée de "Rocco et ses frères", j'étais persuadée qu'il parlait d'Alain Delon, alors je me dis : "tiens c'est marrant que ce soit Visconti, un Rital, qui ait sorti ce qui est devenu la fierté de nos fleurons franco-français, Monsieur Alain Delon -comment va-t-il -il va très bien merci..."
Alors je me marre, en pensant au vieux beau ridicule que l'acteur est devenu :
"Ca va, c'est pas un scoop, ça fait un bail qu'il est sorti"
L'autre, impassible et toujours excité, continue sans broncher sur le quiproquo :
"mais non, il n'est pas sorti, il est toujours à l'intérieur !" et là il fait un geste vers l'intérieur du cinéma qui me fait enfin comprendre mon erreur... Je balance un
"ah !"
pas très emballé. Entre-temps, la nana au caféclope, qui avait enfin trouvé "Pierre", s'est approchée de nous pour suivre la conversation. Elle doit estimer que ne réalise pas bien ce qui se passe et prend elle aussi des mines en se penchant vers moi :
"C'est John..."
Gosh, me dis-je in petto, Travolta ?? Mais j'ai pas osé le dire à haute voix, l'absence de gardes du corps et de grosses limousines blindées sur les Grands Boulevards me semblant suspecte... Déjà que j'ai failli passer pour une conne avec le coup d'Alain Delon...
Alors ensuite les choses s'enlisent un peu, le type me répète que si j'attends, etc. Puis, n'y tenant visiblement plus, il se penche derechef vers moi et me murmure quasiment à l'oreille avec un grand sourire :
"C'est John Malkovich"
"Ah !!!" je commente, heureuse de n'avoir rien dit pour Travolta.
"Hé oui !" me dit-il en se redressant, "vous n'aurez pas perdu votre journée, hein ?"
J'admets que ça vaut le coup de rester, parce que bon, je me donne des airs mais je suis comme tout le monde.
Je m'adosse au pilier de l'entrée, mate discrètement à l'intérieur, et soudain, mais oui ! mais bon dieu mais oui ! c'est lui !! il est encore loin, près de l'escalier, mais il approche ! c'est JOHN ! il se dirige vers la sortie ! ah oui je reconnais son visage fin, élégant et racé !! les liaisons dangereuses, à quelques pas de moi !
John sort du cinéma, s'arrête à un mètre à tout casser de moi, pour fouiller dans ses poches. Je regarde ailleurs, genre j'ai rien vu du tout, c'est qui ce type en costard à côté de moi, vous le connaissez ? moi pas, d'ailleurs j'ai rien vu, je regardais les voitures passer sur le boulevard...
Puis au bout de dix minutes, il a décollé et s'est éloigné sur le boulevard (quand il marche, et de dos, il est beaucoup moins classe. Le costard était de travers, il savait pas marcher, je sais pas mais y avait un truc qui collait pas).
Je croise le regard de la vieille dame qui me fait des roulements des yeux et des signes de tête en direction de l'acteur. Je lui fait moi aussi un signe de connivence...
Et puis nous sommes rentrées toutes les deux pour la séance.
Vu que nous avions partagé ce moment de grande intimité, elle m'adresse la parole dans la salle (en haussant la voix parce que j'étais tout devant et elle tout derrière) : "ya pas grand'monde, hein ?"
Effectivement, c'est tellement vide que la salle résonne. D'ailleurs, elle-même n'est pas restée jusqu'à la fin. J'ai fini le film en ayant le Max Linder à moi toute seule, et ça, c'est classe...
(le film était vachement bien en plus. Je connaissais déjà la scène du début, à la gare de Milan, quand le train de Bari débarque, la mama du Sud avec ses quatre grands fils, venus travailler à la ville. Et puis voir Roger Hanin, Annie Girardot et Alain Delon tailler la bavette ensemble en italien, ça valait "la peine d'attendre". Et puis, si Alain Delon a toujours une tête de con, même jeune et en noir et blanc, Annie Girardot, qui jouait la fille moderne de la ville, pour elle je n'ai qu'un mot : wahou... Vraiment très séduisante... Et figurez-vous que Roger Hanin, jeune et en noir et blanc lui aussi, eh bah se laisserait presque regarder aussi si on parvenait à oublier que si Alain Delon est un taré monomaniaque -de lui-même-, lui par contre c'est un authentique connard. Au moins, Alain Delon est drôle.)
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vendredi 24 août 2007
De huit livres
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mardi 21 août 2007
Dieu vs Le Singe
Ce midi sur France Inter, l'émission "2000 ans d'histoire" a invité Gordon Goldin, auteur du livre Le Procès du singe, la Bible contre Darwin.
En résumé, le procès du singe est le petit nom donné à un procès-spectacle qui s'est déroulé en 1925 aux Etats-Unis, à Dayton, Tennessee plus exactement. 
C'est en 1859 que Charles Darwin publie L'Origine des espèces (le titre complet pour les puristes : L'Origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie, ouf). Bien que la théorie de l'évolution avait déjà commencé à faire son chemin ici ou là avant ce livre, par sa démonstration brillante du mécanisme de la sélection naturelle, Darwin cristallise les protestations. Elles viennent de tous les bords : l'Eglise bien sûr (anglicane ou catholique, les évêques partent en croisade, le pape bulle tant qu'il peut, etc.) mais aussi des scientifiques. Je me souviens avoir lu un livre de Pierre Kropotkine (on admire la barbe, s'il vous plaît, il s'est donné assez de mal !), biologiste et géographe russe, qui, en bon anarchiste, démontre que L'Entraide est un facteur déterminant dans la sélection naturelle.
Bref, pour en revenir au procès du singe, en 1925, l'Etat du Tennessee promulgue le "Bulter Act", une loi qui interdit d'enseigner "une théorie qui nie la Création divine de l'homme telle qu'elle est enseignée dans la Bible et qui prétend que l'homme descend d'un ordre inférieur d'animaux". Suivez mon regard...
Cette loi gène les libéraux-progressistes américains qui vont essayer de la faire casser. C'est à dire qu'aux États-Unis, si un citoyen se fait arrêter pour avoir violé une loi, il peut apparemment demander à ce qu'un magistrat examine si celle-ci est constitutionnelle ou non et l'affaire peut alors remonter jusqu'à la Cour suprême, qui a le pouvoir de casser la loi.
Donc, ces libéraux-progressistes vont trouver un enseignant qui accepte de jouer le jeu. C'est ainsi que John Thomas Scopes, professeur de sciences naturelles, rentre dans l'histoire. Il prononce le nom de Darwin devant les chères têtes blondes, et un complice alerte immédiatement les autorités, quel scandale, mon propre fils, etc.
Et c'est là que le procès de Scopes débute. Dans l'atmosphère de l'époque, la petite ville de Dayton voit affluer beaucoup de monde, des journalistes, etc. Il paraît même que ce sera le premier procès radiodiffusé de l'histoire...
Bon, finalement, les débats à l'audience s'avèrent assez décevants, car ils tournent plutôt autour de savoir si oui ou non l'enseignant Scopes a parlé de l'évolutionnisme à ses élèves, alors que le public s'attendait évidement à que l'on parle du fond de l'affaire, à savoir : "Dieu ou le singe".
Au final, Scopes fut condamné à une petite amende pour avoir effectivement dispensé l'enseignement honni.
Ce qui m'a donné envie d'écrire cette note, c'est un passage du procès, resté célèbre, qui voit l'avocat de la défense, Darrow, appeler comme témoin son "adversaire", le procureur Bryan. Procédure plutôt inhabituelle... Bryan aurait pu refuser, mais Darrow l'appelle en tant qu'expert de la Bible, ce qui doit certainement flatter son ego et lui donner envie d'en remontrer à cet avocat réputé "gauchiste".
S'en suit un interrogatoire serré sur le contenu de la Bible, sur le mode :
- reconnaissez-vous qu'il est écrit dans la Bible que tous les animaux qui ne sont pas montés sur l'arche de Noé sont morts noyés ?
- oui.
- même les poissons ??
- reconnaissez-vous qu'Adam et Eve étaient les deux premiers hommes, seuls sur terre ?
- oui.
- alors où leur fils Cain a-t-il bien pu trouver sa femme ?
et la petite dernière, qui fit scandale :
- reconnaissez-vous qu'il est écrit dans la Bible que le soleil fut créé le 4° jour ?
- oui.
- alors comment y a-t-il pu y avoir des jours de 24 h avant la création du soleil ?
- ...
Finalement, Bryan aurait reconnu que le terme "jour" est peut-être à prendre dans un sens métaphorique, c'est à dire qu'il peut s'agir de périodes, parfois même de longues périodes de milliers d'années, pourquoi pas ? C'est à dire au final que le prêcheur ultracroyant a reconnu qu'il ne faut pas prendre la Bible à la lettre...
Même si le procès fut perdu concrètement pour la défense (la loi n'a été abrogée qu'en 1967), on considère que Darrow a gagné le procès, notamment grâce à cet échange.
Ca m'a rappelé les débats que j'avais eu avec un ami maintenant lointain lorsque j'avais découvert les 12 preuves de l'inexistence de Dieu par l'anarchiste Sébastien Faure. Cet ami me disait que cela ne sert à rien de discuter pied à pied sur le terrain des croyances mêmes avec les croyants. Il pensait que cela ne pouvait donner qu'un débat stérile, pour lui, pour combattre les croyances absurdes, il fallait remonter à l'origine du besoin de la croyance et que c'était là qu'il fallait se battre.
Il avait certainement raison, n'empêche, le débat Darrow-Bryan, moi, ça m'a bien fait rigoler...
(pour ceux qui veulent tout savoir sur ce procès, c'est par ici et c'est en anglais...)
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louise miches
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lundi 20 août 2007
photos de vacances
Alors voilà, c'est la rentrée ou presque, on va reprendre doucement...
J'ai pas trop envie d'écrire pour le moment, je vais plutôt vous faire travailler un peu.
Qui peut me dire quelle est exactement l'activité de cette entreprise ?
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louise miches
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