vendredi 24 août 2007

De huit livres

J'ai pour habitude de toujours lire plusieurs livres à la fois. Ils sont en pile, je prends celui du dessus pour en lire quelques chapitres, puis je le remets quelque part dans la pile, selon un classement mathématique très savant mais néanmoins toujours aléatoire, qui tient en fait au passage que je viens de lire. S'il m'a plu, si j'ai envie de connaître la suite, je le remets plus ou moins vers le haut de la pile. Si la lecture a été difficile, que le suspense est plus que supportable : vers le bas...


Là ma pile atteint des hauteurs encore inédites, dues certes au nombre de livres, mais aussi à la présence parmi eux de très gros pavés, qui vont me suivre encore pendant des mois certainement.


Tout en haut, il y a Ulysse, de Joyce, dans la nouvelle traduction collective.




J'ai voulu le lire, pour faire genre moi je lis Ulysse (vous voyez ?). Et puis au final, je comprends rien de rien à ce bouquin. Il y a des personnages, qui font des trucs, qui parlent et qui pensent, mais impossible de comprendre exactement ce qu'ils font, parlent ou pensent... Du coup, l'histoire acquiert un caractère ésotérique complètement fascinant. Ca me donne l'impression de voyager dans un univers aux lois inconnues et à la langue incompréhensible. J'ai du mal à m'en détacher, et il revient très très souvent en haut de la pile.




En dessous, on trouve Don Quichotte de la démanche, de Victor-Emile Beaulieu.




Il paraît que c'est un auteur très prolifique et célèbre au Québec. Je l'ai commencé à cause du titre que je trouvais drôle et aussi pour le Québec, un pays dont je rêve souvent. Mais finalement c'est franchement pas terrible. Ca raconte les délires d'un écrivain qui vient de se faire plaquer par sa femme et qui se saoule au gin en tentant de finir ses romans en cours. Il y a parfois des tentatives de mélanger les écrits du héros de l'histoire avec celui de Beaulieu, tentatives souvent ratées et qui n'aident pas à la compréhension de l'ensemble. Mais j'arrive presque à la fin, ce ne sera bientôt qu'un mauvais souvenir... (je déteste ne pas finir un livre commencé), c'est pour ça que je m'efforce de ne pas trop le rejeter en bas de la pile.




Après : Georges Bataille, Romans et récits, dans la Pléiade




Ce livre a une histoire. C'est un ami qui me l'a offert, il habitait près d'une usine ou quelque chose comme ça de la Pléiade, et il avait pris l'habitude d'aller fouiller dans leurs poubelles, car ils y balançaient les livres qui avaient un défaut, qui n'étaient pas vendables en l'état. Il m'en a offert quelques uns, Eluard, Bernanos... Ces exemplaires n'ont pas la couverture cartonnée, du coup, ils sont très agréables à lire, ils tiennent bien en main, très souples, bien mieux que lorsqu'ils sont couverts. Et ils ont ce petit côté trash qui en file un coup bienvenu dans la présentation prétenciarde de la Pléiade.


Alors j'ai fini de lire L'Histoire de l'oeil, un récit des débordements sexuels d'un jeune couple, qui se font un délire ondiniste (ils ne peuvent jouir sans s'inonder d'urine...), sanglant (le passage de la corrida...), au-delà des limites de la morale, vraiment répugnant. Un peu comme Les onze mille verges d'Appollinaire, mais sans l'humour, beaucoup plus noir et complètement désespéré. Un récit qui m'a parfois excitée, même si j'ai honte de l'avouer...


Et puis Le Bleu du ciel, un "trip" à Barcelone au début de la guerre d'Espagne. Fascinant personnage de Lazare, sorte de double de Louise Michel soixante ans plus tard, dont on m'avait déjà parlé à propos de ce blog.


Georges Bataille est un très grand écrivain (comment ça, c'est pas une découverte ?)




Encore en dessous, revoici Axel et Jean-François Kahn, Comme deux frères




J'en avais déjà parlé ici, et leur conversation est toujours aussi passionnante. Tiens, hier, j'ai lu le chapitre où ils s'engueulent à propos de l'évolutionnisme (ça a fait écho à ma note précédente), ça m'a fait rire : ils semblent être fondamentalement en désaccord sur un point inconciliable, et je dois avouer que j'ai eu un peu de mal à comprendre sur quoi exactement ils divergeaient...


Bref, un livre riche, qui aborde un peu tous les sujets, plein de pistes pour des réflexions personnelles... Faudra que j'essaie de mener une telle conversation avec mes frères. La belle rigolade en perspective...




Après vient Psychanalyse des contes de fées, de Bruno Bettelheim




Un livre que j'ai commencé il y a très longtemps, mais comme il est assez ardu, il se retrouve souvent en bas de la pile, donc il n'avance pas très vite.


Pourtant le sujet est alléchant : dans une première partie, il décortique ce que les contes de fées apportent à l'enfant (du point de vue psychanalyste bien sûr). Puis, dans une seconde partie, il analyse un à un les contes de fées les plus célèbres et en explicite tous les symboles. Cette seconde partie est vraiment bien, à la réflexion. Faut que je le fasse remonter en haut de la pile...




Voici venu le tour de l'Histoire de France, par Jean Carpentier et Francois Lebrun.




La quatrième de couverture nous annonce un nouveau Lavisse...


Bon, rien d'exceptionnel, si ce n'est l'exploit de caser toute l'histoire de France dans un petit livre au format poche...


ça me fait penser au cours que je suis en train de préparer pour mes futurs étudiants. Je suis en train de faire un résumé de l'histoire de France du XIX° et XX° siècle, une introduction historique qui devra rentrer dans deux séances de deux heures et demies. Un casse-tête et un crève-coeur.


Pour revenir au livre, on peut faire confiance en général à la collection Points chez Seuil, du moins en histoire. Ce sont de bons livres de base, genre manuels. Mais du coup, la lecture n'est pas aussi renversante que celle d'un bon livre d'histoire, un vrai (ça me fait penser qu'il faut que je lise Michelet, depuis très longtemps déjà).




En avant-dernière position, un Lexique des dieux, par Jean Queval (pas trouvé d'image, c'est un vieux livre que j'ai acheté dans une bouquinerie en Ariège. Je pense que cette couverture-ci remplacera avantageusement la couverture jaunasse du livre que j'ai sous les yeux)




Encore une lecture fastidieuse. Ce que j'aimais bien, c'est qu'il nous présente des dieux du monde entier, la cosmogonie africaine par exemple, dont je ne connaissais strictement rien. Mais il est vrai que la forme "dictionnaire" (dieux classés par ordre alphabétique de leurs noms) rebute à la lecture, même si un index nous permet de nous ballader dans les articles par origine géographique des dieux. C'est mieux, mais ça reste une succession d'articles.




Et enfin, bon dernier, le tome 2 des Oeuvres de Lovecraft.




J'aurais peut-être dû commencer par le tome 1...


Vous ne trouvez pas que le dessin sur la couverture (oui je sais on voit rien, il est tout pixellisé, pas trouvé de photo plus grande) ressemble au monstre qui habite dans le frigo de la nana dans Ghostbusters ? (celui qui rugit "Azul", ou quelque chose comme ça, je sais plus...) ça pourrait rajouter une pierre à mes arguments dans la conversation que j'ai eue à propos de Lovecraft avec Zac Galou. Après avoir lu Cthulhu, il m'a demandé, en substance : tout ça pour ça ? Eh bah oui, et en plus, il a essaimé.


Toujours est-il que là j'en suis aux poèmes de Lovecraft, et c'est un peu dur à lire. Déjà que je ne suis pas très sensible à la poésie en général, mais là, lire des poèmes traduits d'un type qui n'est même pas poète... Desfois je rigole un peu des obsessions de Lovecraft : par exemple, il a commis une ode à une araignée qui s'était installée pendant des semaines dans un coin de son salon, et puis qui est partie un beau matin sans laisser d'adresse. Lovecraft est très triste et ça lui inspire quelques vers, dans lesquels il parvient à recaser ses vieux dieux dormants, ses mondes engloutis, et le Mal des temps immémoriaux qui cherche à revenir et à envahir notre terre...




Voilà, voilà, maintenant vous savez tout ou presque sur moi, mais les vacances sont finies, il faut que je parvienne à me détacher de ces livres et à retourner à la bibliothèque...


C'est pas en bouquinant des conneries que ma thèse va s'écrire...






2 commentaires:

Fried a dit…

Genre, tu lis Ulysse.

louise miches a dit…

lève la tête, il est sur la tablette de nuit...